En 2026, l'Union Française du Travail (UFT) s'inscrit dans une longue histoire de luttes syndicales et refuse la capitulation !

Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, de 1974 à 1981, le syndicalisme français évolue dans un contexte économique particulièrement difficile, marqué par les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, l’inflation et la montée du chômage.

 

Les grandes organisations syndicales disposent alors d'une importante capacité de mobilisation. La CGT est la courroie de transmission du parti communiste dans les milieux ouvriers, tandis que la CFDT est le relai du parti socialiste dans le monde du travail.

 

Majoritairement, le mouvement syndical est de nature communiste et milite pour l'instauration du modèle soviétique en Europe de l'Ouest.

 

A contre-courant, dès 1975, l'Union Française du Travail (UFT) rejette le modèle collectiviste et s'inscrit dans une vision patriote et protectionniste de l'économie française.

 

Avant l’heure, elle défend le « Made in France ».

 

L’U.F.T. pense que l'individu est le point de départ, et la collectivité doit protéger ses libertés.

 

L'élection de François Mitterrand en 1981, accompagnée de l'entrée de ministres communistes au gouvernement de Pierre Mauroy, ouvre une nouvelle période.

 

Le pouvoir socialiste cherche à associer les organisations syndicales à sa politique sociale et économique. Le syndicalisme s'institutionnalise progressivement et les grandes confédérations deviennent des interlocuteurs réguliers de l'État.

 

Cette proximité n'empêche toutefois pas les désaccords et les mobilisations, notamment lorsque le gouvernement engage le « tournant de la rigueur » à partir de 1983.

 

Sous le premier mandat de Jacques Chirac en 1995, le mouvement syndical connaît un moment particulièrement important avec les grèves de 1995 contre le plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale.

 

La mobilisation est massive et elle contraint le gouvernement à retirer une partie de son projet. L’échec du gouvernement Juppé pèsera lourd dans la décision de Jacques Chirac de dissoudre l’Assemblée nationale deux ans plus tard en 1997.

 

Sous Lionel Jospin, de 1997 à 2002, le syndicalisme s'inscrit davantage dans une logique de négociation avec le gouvernement, notamment autour de la mise en place des 35 heures.

 

La CFDT accompagne comme à son habitude largement cette réforme, tandis que la CGT et FO adoptent des positions plus critiques.

 

Malgré cette période de dialogue social, les relations entre le gouvernement et les organisations syndicales restent marquées par des désaccords sur l'emploi, les salaires et la politique économique.

 

Sous le second mandat de Jacques Chirac, de 2002 à 2007, le syndicalisme connaît des fortunes diverses.

 

La réforme des retraites de 2003 donne lieu à une mobilisation massive, mais les divisions syndicales, notamment le soutien indéfectible de la CFDT au projet, permettent au gouvernement de mener la réforme à son terme. En revanche, en 2006, l'importante mobilisation syndicale et étudiante contre le CPE contraint le gouvernement à retirer son projet.

 

Sous Nicolas Sarkozy, le rapport de force évolue. Les syndicats restent capables d'organiser des mobilisations importantes, notamment lors de la réforme des retraites de 2010, mais ils ne parviennent plus à faire reculer le gouvernement.

 

La loi de 2007 relative au dialogue social et à la continuité du service public dans les transports, souvent appelée « service minimum », affaiblit considérablement les syndicats. Le rapport de force s’inverse peu à peu.

 

Sous François Hollande de 2012 à 2017, le mouvement syndical se retrouve profondément divisé face à la politique menée par le gouvernement.

 

La loi El Khomri de 2016, qui réforme notamment le droit du travail, provoque d'importantes manifestations et plusieurs journées de grève. La CGT et FO s'opposent au texte tandis que la CFDT, fidèle à elle-même, est favorable au compromis. Malgré une contestation importante, le gouvernement maintient la réforme et utilise à plusieurs reprises l'article 49.3 pour permettre son adoption. C’est un nouvel échec cuisant pour le mouvement syndical.

 

Avec l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, les syndicats sont confrontés à un pouvoir qui assume une politique de réformes rapides.

 

En 2018 et 2019, les confédérations syndicales torpillent le mouvement des Gilets jaunes avant que La France Insoumise ne l’achève en le phagocytant de l’intérieur.

 

Les mobilisations contre la réforme des retraites de 2019 et 2020 sont interrompues par la crise sanitaire.

 

En 2023, l'intersyndicale organise un mouvement de grande ampleur contre le projet de réforme portant notamment l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Mais malgré des manifestations massives et plusieurs journées de grève, le gouvernement maintient son projet, qui est finalement adopté. Le rapport de force s’est définitivement inversé.

 

Même si la réforme des retraites engagée en 2019, puis adoptée en 2023, a été partiellement suspendue en 2026 par le gouvernement Bayrou, cette suspension ne constitue pas une abrogation. Sauf nouvelle décision politique, la montée en charge de la réforme doit reprendre à partir de 2028.

 

C’est dans ce contexte que l’U.F.T. tente aujourd’hui de porter une alternative face à des centrales syndicales incapables d’obtenir des résultats dans une France où le chômage explose, où l’inflation est galopante, où le pouvoir d’achat s’érode et où la classe moyenne se paupérise pendant que les ultra-riches voient leur fortune exploser.

 

Crise Covid, guerre en Ukraine, guerre en Iran, tout est prétexte pour faire flamber les prix, exiger des sacrifices des Français et refuser de revaloriser les salaires à hauteur de l'inflation dans le silence assourdissant des grandes confédérations syndicales.